MAR. 23.06 à partir de 19h
Une soirée spéciale cinéma “Recherche et Découverte” avec 2 films soutenus par le GNCR (et l'ACID pour Bait). Soyez curieux, venez découvrir des films novateurs et singuliers !
Bait > Drame de Mark Jenkin / Grande-Bretagne / 2019 / 1h29 / N&B // Avec Edward Rowe, Simon Shepherd, Mary Woodvine
BAFTA 2020 – Meilleur premier film britannique
Dans un village de pêcheurs au cœur des Cornouailles, la pêche se fait de plus en plus rare au profit d’une activité touristique grandissante. Martin Ward, est un pêcheur sans bateau, son frère ayant transformé celui de leur père à des fins touristiques. Après la vente de leur maison familiale à de riches londoniens qui n’y passent que leurs vacances, Martin lutte pour conserver une place au sein de son village.
L’avis du GNCR
Réalisé trois ans avant Enys Men, on retrouve dans Bait le goût de Mark Jenkin pour la pellicule, ses textures et les expérimentations formelles. Même si bien plus narratif ici, l’aspect formaliste de son cinéma porte toujours en lui le discours du film : une esthétique très proche du cinéma direct des années 50 et 60 coince les personnages dans un passé qui habite constamment cette communauté en totale mutation. Il fait d’une intrigue très simple un western social étouffant, porté par des acteurs et des actrices extrêmement charismatiques. Définitivement un cinéaste à suivre !
Morte e Vida Madalena > Comédie dramatique de Guto Parente / Brésil, Portugal / 2026 / 1h25 // Avec Noá Bonoba, Tavinho Teixeira, Nataly Rocha
Madalena est une productrice de cinéma enceinte de huit mois qui s’apprête à reprendre le tournage d’un film de science-fiction à petit budget écrit par son père récemment décédé. Lorsque Davi, le cinéaste choisi pour la réalisation – et qui est accessoirement son ex-compagnon –, disparaît du jour au lendemain, Madalena n’a d’autre choix que de faire tout son possible pour terminer le film avant la naissance de son bébé.
Flamboyant, peuplé de personnes aussi passionnées que fantaisistes, Morte e Vida Madalena est une ode au cinéma de genre, aux rêves éveillés de l’enfance, à la liberté de créer.
L’avis du GNCR
Et si l’on décidait de rentrer en résistance dans un joyeux désordre foutraque ?
Avec Morte e Vida Madalena nous embarquons avec une troupe extravagante, marginale mais soudée, aux identités multiples, notamment queer, sans jamais en faire un sujet. On suit Madalena, productrice enceinte et force de la nature, qui tente d’achever le dernier projet de son père disparu. Un film de science-fiction fauché, porté par une équipe avec des moyens dérisoires. Très vite, le tournage se dérègle. Imprévus, départs, crises d’ego, manque d’argent, le désordre s’installe, mais devient aussi moteur. Le film raconte autant sa propre fabrication que l’invention, fragile et nécessaire, de formes de survies collectives, de solidarités bienveillantes.Morte e Vida Madalena est une ode au cinéma de genre et au besoin de rêver. Un espace où les difficultés, loin de brider la création, ouvrent des espaces de liberté, portées par une urgence vitale. En choisissant l’absurde, l’excès et le décalage, le film ne fuit pas la réalité, il la rend plus supportable, plus lisible aussi. Dans cette légèreté affleure une gravité singulière, celle d’un cinéma qui fait de la joie une manière de tenir debout.
Au sein du Jury GNCR, lors du FIDMarseille 2025, nous avons souhaité saluer ce film solaire, vivant et généreux, qui affirme le cinéma comme lieu d’expérimentation et de liberté partagée. Un film qui s’évertue à déplacer les lignes, à dynamiter les normes morales et qui nous dit, avec force : « Vous ne serez plus jamais seul·es ! ».